C’est à Méaudre que Jean-Charles Didier et son fils
transforment en fromage le lait de leurs 30 vaches Montbéliardes.
L’exploitation couvre 67 ha, tout en herbe. Mais le relief a
ses contraintes : ce sont ainsi 15 ha de pâture où le tracteur ne peut
aller. Trop pentues, impossibles à faucher, ces parcelles qu’on dit
« non-mécanisables » ne voient que les sabots des vaches.
Le séchage du foin :
La montagne, encore plus que la plaine, à cause de
l’humidité et de la fraîcheur, pose des problèmes de séchage du foin. En debut
et en fin de saison, on peut alors faire le choix de l’enrubannage : le
foin encore pas encore sec est stocké en balles très serrées et enveloppé d’une
bâche hermétique. Il se produit une fermentation qui permet la conservation (un
peu comme la choucroute).
Mais les Didier ont décidé il y quelques années de ne faire
que du foin.
Pour réaliser ce projet, il se sont d’abord équipé d’un
système de séchage en grange avec ventilateur. Au lieu de sécher au sol dans
les pré avant d’être ramassé, le foin sèche après. Aujourd’hui, pour
perfectionner le système, ils investissent dans un déshumidificateur et
triplent la surface de stockage. Le foin sèche en 2 semaines au lieu d’un mois,
ce qui préserve mieux les qualités nutritives.
Les prairies :
Améliorer la conservation, c’est bien, améliorer la matière
première, c’est encore mieux.
Pour un citadin, un pré est un pré. L’herbe y pousse toute
seule. Pourtant, l’herbe est une culture, même si on trouve des « prairies
naturelles », c’est à dire des prairies qui n’ont pas été semées, dont la
flore est naturelle. L’enjeu, pour un éleveur, est d’entretenir sa prairie pour
que la flore reste dense et riche. C’est pourquoi la Ferme de la Bourrière
s’est lancée dans u programme à long terme d’amélioration de ses prairies pour
mieux gérer les apports d’engrais organiques (fumier et lisier), préserver la
diversité des plantes et augmenter la production.
Ce travail est mené avec l’aide d’agronomes avec d’autres
éleveurs du Vercors.
Calendrier de travail :
Les Montbéliardes sont en stabulation libre pendant l’hiver,
du 15 novembre au 15 mai. Le reste de l’année, elles sont dehors nuit et jours.
Pour avoir du lait tout au long de l’année, les vêlages sont
étalés. Car il faut savoir qu’une vache ou chèvre, se repose deux mois par an,
les deux mois qui précèdent la mise-bas des petits. A la différence des
chèvres, les vaches peuvent avoir un veau à n’importe quelle saison. L’éleveur
étale donc les naissances pour avoir un rotation : quelques vaches sont
toujours taries, « en repos » tandis que le reste du troupeau est en
production.
Le lait transformé vient exclusivement de la ferme.
L’organisation du travail varie selon les périodes et les besoins. Hors saison,
la ferme de la Bourrière : hors-saison, la ferme de la Bourrière fabriquera
davantage de « pâte pressée » qui peut se vendre plus tard. C’est ce
qu’on appelle le report de lait. Inversement, en pleine saison (janvier,
février, juillet et août), la transformation passe de 5 jours sur 7 à 7 jours
sur 7, à raison de 400 à 500 litres par jour. Hors-saison, c’est la coopérative
Vercors Lait, à Villars de Lans qui collecte le lait du samedi et du dimanche.
La ferme possède son propre magasin alors n’hésitez pas à
vous y arrêter à l’occasion d’un promenade !
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